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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Valise de Newt Scamander

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Le parc de la Valise
[Habitat] [RPG]
Élu des Statues
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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 16/06/2026 à 07:18:49 - Modifié : 07/07/2026 à 08:51:31

grille/défi flash 6 jour 9 (iris blanc/enthousiasme)

* Colin est dans le parc de la valise avec Sinki ... il fait beau et le garçon a eu envie de se promener un peu avec son niffleur ... il pense beaucoup au vacances qui approche et aussi il a hate de retrouver ses parents , son papy et l'Irlande ... il a apporter un piquenique dans le parc et il s'assiet dans l'herbe ... Sinki est très enthousiaste ... il est super content de faire un piquenique avec son copain ... il court un peu partout puis il vient s'installer près de Colin ... Sinki mange avec beaucoup d'appétit ce que Colin a apporter pour lui ... quand il a terminer il va un peu se promener et il voit des jolies fleurs blanches ... y'en a une qui est parterre
... alors Sinki ramasse la fleur blanche avec enthousiasme et il offre la fleur a Colin pour le remercier ... le garçon est très heureux ... *


Colin - merci ... la fleur c'est un iris blanc ... j'aime beaucoup ...

* après ça Colin se lève et il se balade encore avec Sinki qui saute de joie ... *

E.T
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Fier filleul de Jemima Romney

vava Octavia


Chroniqueuse Crocs
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Poufsouffle
5e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 17/06/2026 à 10:09:33 - Modifié : 07/07/2026 à 08:52:31

C3 : Vous et votre créature décidez de passer la matinée dans le Parc de la Valise sous la bruine...
Vous devez utiliser les 4 mots suivants : pivot - démence - veine - éphémère...


Elle avait décidé de sortir quand même ! Oui, le temps ne serait pas de la partie, tant pis ! La bruine ne semblait pas vouloir s'arrêter, et comme elle comptait aller au parc, ils seraient mouillés, mais au moins les créatures pourraient courir et se détendre . Ce n'était pas de veine pour les dernières sorties qu'il fasse ce temps, mais on n' y pouvait rien.

Elle ne s'attendait absolument pas à la réction de Vega, toujours prête aux promenades, toujours motivée. La fléreur était le pivot du groupe des quatre pattes, aussi Nox fut stupéfaite de l'entendre refuser la sortie.

Vega - J'ai pas envie d'y aller, je reste. Avec cette bruine, on va attraper froid, c'est de la démence de nous faire sortir par ce temps.

Athena - Allons Vega, sois raisonnable, cette bruine est éphémère, ça va passer, et c'est l'une de nos dernières sorties avant les grandes vacances. Regarde, Ragnär est déjà prêt lui !

* En effet le grapcorn tout heureux d'aller courir se pressait devant la porte. *

Vega - Libre à lui d'aller attraper une pneumonie, moi, je n'ai pas envie.

* Depuis quand se laissait elle impressionner par trois gouttes ? Il y avait autre chose, et la poufsouffle se devait de découvrir de quoi il s'agissait. Elle l'entraîna à part. *

Nox - Maintenant, tu me dis exactement ce que tu as ?

Vega - Je vais vous porter la poisse. Si je viens, il va vous arriver une catastrophe, un cataclysme, l'un de vous va mourir, j'en suis certaine.

Nox - D'où tu nous sors ça ?

Vega - Luna, mon amie fléreur Luna. Je vais la voir en avril , elle tombe malade. J'y retourne en mai, elle ne veut pas me parler et je reviens au débout du mois, elle m'apprend qu'elle a été abandonnée et elle ne veut plus me voir. Je la comprends, c'est ma faute, je porte la poisse, la malchance, la guigne, la déveine ...

Nox - Je crois avoir compris l'idée générale, et si ...

Vega - Pas la peine d'user ta salive, tu ne me convaincras pas.

Nox - D'accord, mais si on allait au parc, on pourrait trouver une plante qui porte chance justement, et elle serait pour toi !

Vega - On ne trouve plus de trèfles à quatre feuilles je te signale, les herbivores ont tout mangé !

Nox - Non, pas les trèfles, le muguet !

Vega - Tu crois que ça marche ?

Nox - J'en suis certaine.

Vega - Et tu crois qu'il y en a dans le parc ?

Nox - J'en suis certaine aussi. [ (au besoin elle en ferait venir quitte à en dépouiller le fleuriste de Pré-au-Lard !) ]

* Le petit groupe s'en fut vers le parc. Très vite en effet elles trouvèrent la fleur du bonheur qui poussait généreusement dans une zone couverte d'arbres. Nox repris sa forme humaine pour en cueillir une brassée, mais elle arrêta ses créatures qui voulaient l'aider. *


Nox - Surtout pas, n'y touchez pas, encore moins avec la gueule, c'est terriblement toxique pour vous et même pour moi, mais bon, je ne les mets pas dans ma bouche au moins tandis que vous, pas moyen de faire autrement !

Athena - On risque quoi franchement ?

Nox - Pour les chats c'est pire que tout, vous risquez de très graves maladies du foie.

* Comme souvent c'est Vega qui eut le mot de la fin. *

Vega - Cool le porte bonheur !

Nox - Garde bien le muguet, on saura en septembre s'il a été efficace.

* Elle refusa d'en dire plus, elle avait en fait discuté avec Terry et avait le projet d'adopter Luna, mais tant que ce n'était pas fait, elle ne voulait pas donner de faux espoirs à Vega. *

E.T
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Styliste vava : Sixtine./ signa Citrouille : Cam - En novembre, lisez les Crocs !
Élu des Statues
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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 19/06/2026 à 06:35:19 - Modifié : 07/07/2026 à 09:24:46

grille/défi flash 6-jour 12/rose rouge

* Colin revient avec Sinki dans le parc car le niffleur a bien aimer le piquenique y'a quelques jours ... le garçon installe tout dans l'herbe comme la fois d'avant mais son copain a un comportement bizarre ... au lieu de s'assoir prêt de Colin Sinki s'en va un peu plus loin ... le garçon est intriguer et il suit son copain pour voir ce qui arrive ... Sinki est en admiration devant une fée qui est la avec son éleveur ... le niffleur n'a jamais vu une créature aussi belle ... il la regarde avec plein d'amour dans les yeux ... Sinki ressent une passion intense pour la fée ... il l'aime de tout son coeur ... puis le niffleur apercoit des roses rouges pas très loin ... il a très envie de ceuillir une rose rouge et de l'offrir a la fée ... il avance une patte mais il n'ose pas ... alors il continue a regarder le belle fée pendant très longtemps avec adoration ... après il commence a avoir faim et il retourne prêt de Colin et Sinki raconte a Colin qu'il est très amoureux d'une fée ... le garçon dit qu'il comprend et il fait une caresse a son copain ... puis ils mangent le piquenique car c'est trop bon ...faut pas gacher *

E.T
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vava Octavia


Élu des Statues
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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 20/06/2026 à 11:06:33 - Modifié : 07/07/2026 à 09:25:34

grille/case E1 : Organisez un petit spectacle avec votre créature dans Le parc de la Valise (exceptionnellement tu as droit à un double post) afin de distraire vos camarades et leurs créatures... / défi flash n°6 - Jour 13 - iris violet/

* c'est bientot les vacances et Colin a envie de distraire ses camarades et leurs créatures ... il réfléchit a des tours qu'il peut faire avec Sinki et il a une idée ... des tours de magie ... et il explique cela au niffleur ... Sinki est malin , il comprend vite ... et le garçon commence ... *

Colin - hello tout le monde ... je vais faire de la magie avec Sinki

* Colin pose 2 gobelets sur une table et il explique ... *

Colin - j'ai cacher une pièce sous un gobelet et Sinki doit retrouver le bon gobelet

* le niffleur vient renifler les gobelets et il pose une patte sur celui qu'il choisit ... Colin retourne le gobelet et ... *

Colin - bravo Sinki ... c'est juste ! maintenant plus difficile ... j'ai un emballage brillant dans une main derrière mon dos ... c'est quelle main ?

* Sinki regarde attentivement et puis il montre la main de droite ... alors Colin montre cette main a tout le monde et ... *

Colin - encore bravo Sinki ... c'est la bonne main ... on peut l'applaudir !

* le niffleur est tout exciter avec les applaudissements et il commence a faire des roulades pour faire rire tout le monde ... le garçon n'est pas très content mais Sinki a bien réaliser les tours ... alors il dit ... *

Colin - du calme Sinki ... c'était cool les tours mais tu dois montrer que tu es sage aussi ...

* Sinki comprend ... le garçon c'est son copain et il le respecte énormément car il est super chouette avec lui ... il l'aime beaucoup ... c'est important ... alors le niffleur s'incline et il salue Colin respectueusement ... puis il sort un trésor de sa poche kangourou ... c'est un iris violet qu'il vient de trouver parterre et il offre l'iris a Colin *

E.T
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Fier filleul de Jemima Romney

vava Octavia


Squelette unijambiste
Sombral édenté
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Serdaigle
2e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 30/08/2026 à 01:43:14

Réponse (tardive) à Jade Parlambre

Lemony n'aime pas particulièrement les week-ends.
Le départ de Jade, dès huit heures, lui rappelle qu'il est en exil de son propre domaine.

En exil parce qu'il a osé admettre qu'il avait besoin d'aide et qu'il n'était pas fait pour Poudlard.
En exil parce qu'Elijah est au domaine, et le feu des grandes injustice brûle en lui.
Pour autant, il est debout à sept heures chaque samedi, parce qu'il est hors de question que sa mère quitte leurs appartements sans qu'ils aient partagé le petit-déjeuner.

Lorsque sa mère part, Lemony s'entraîne aux sortilèges ménagers, tentant d'obtenir l'obéissance de la vaisselle et des éponges, vérifiant qu'aucun Bandimon n'a eu l'idée de venir s'installer dans la salle de bain durant le rythme effréné de la semaine, puis passe en revue son emploi du temps et les devoirs à rendre.
Il est trop tôt pour qu'il puisse retrouver Gwendolyn. Thylas récupère sous les couvertures vertes et argent du lit à Baldaquin des Serpentards.

Il est onze heures, Jade est partie au Domaine trois heures auparavant, et il est d'une humeur massacrante. Une humeur massacrante qui le terrifie, soyons honnête.
Il supporte de moins en moins l'exil.
Les mains tremblantes, il ouvre un livre de recette, mets une éternité à se décider sur ce qui l'intéresse, tourne en rond, s'agace, puis parvient enfin à se décider à cuisiner quelque chose de simple.

***

A quatorze heures, un grattement à la porte lui indique qu'Aurum vient timidement aux nouvelles. Lemony lui ouvre, referme le passage par sûreté.
Son cousin est toujours nerveux dans l'appartement.
— Est-ce le manque cruel de la roue de l'année, ou le fait que Jade et moi vivions ensemble ?
Il n'y a aucune accusation dans sa question, simplement un besoin de savoir.
Les yeux d'or liquide de son cousin se posent sur lui.
— Tu sais qu'Onyx a moins foi en la roue de l'année que Jade. Il célèbre les sabbats, mais notre annexe n'est pas aussi remplie que la votre.
Son cousin soupire.
— Les lieux sont impersonnels, même ta chambre. Et nous savons tous deux que ce n'est pas ici que tu devrais vivre.
Lemony lève ses propres yeux d'un jaune pâle assez laid, surtout face à la beauté des iris d'Aurum, vers le Gryffondor.
— Au moins je suis parmi ceux que j'aime, murmure-t-il. C'est... confortable, quand ma mère est là.
Ce n'est que quand elle est au château qu'il peut appeler ces lieux "maison". Sa nature mélancolique reprend violemment le dessus, comme chaque fois. Aurum est parfaitement calme et ne lui en tient pas rigueur.
Mais quand son cousin lui a-t-il tenu rigueur de quoi que ce soit? En dehors de son obstination pour un sujet particulier...
— Je désirais aller au Refuge. Si j'achetais un animal plutôt que d'en adopter un, Onyx m'assierai dans son bureau une heure durant pour me sermonner sur l'importance de la bienveillance, la stupidité de l'avidité de vouloir un objet le plus cher possible, sans parler du fait qu'il me retirerait probablement la garde de l'animal parce qu'il considèrerai que refuser l'adoption, c'est traiter une créature comme un objet.
Lemony hausse un sourcil.
Petit à petit, le mur du tabou devient de moins en moins opaque. Ils parlent de plus en plus de leurs parents, de leurs opinions, de leurs méthodes d'éducation.
— Je présume que le fait que l'Héritier de la branche de Jade ait adopté un animal n'a aucun rapport avec ce refus de l'achat ?
Les yeux d'Aurum pétillent, et tout son être irradie de chaleur.
— Oh, assurément. Même si... Mon père a semblé satisfait que tu aies adopté Ostara. Elijah avait l'air affronté, quoi que calmé par les arguments, ma mère a trouvé l'initiative excentrique, mais Onyx... Il était satisfait.
Sous l'hésitation, Aurum s'éteint légèrement. Sous la perplexité, il cherche à décoder le comportement imprévisible des jumeaux Parlambre.
— Jade... est restée froide. Détachée de la nouvelle.
Le (officiel) Serdaigle cille lentement, stupéfait. Cette mère froide et distante n'est qu'un lointain souvenir. Se souvenant de la discussion douloureuse durant le Safari Photo, il inspire :
— Puis elle est revenue à elle et s'est calquée sur le comportement d'Elijah, n'est-ce pas ?
Troublé par sa précision, Aurum acquiesce. Ce n'est pas un enfant qui jette des regards en dessous : il est ancré dans le sol face à son interlocuteur, assez souple pour se mouvoir de façon à toujours rester l'égal dans la conversation. Il regarde systématiquement ses interlocuteurs, masque aimable sur le visage.
Comme Lemony ne cesse de lui échapper et que l'inconfort de son cousin quant à se voir happé par un regard est évidente, Aurum se contente de l'attraper fermement quelques secondes avant de le laisser partir, quelques secondes qui suffisent à faire passer n'importe quel message.
— Ce n'est pas... un hazard. Elijah était sa sécurité, sa facilité.
Le rythme de voix du garçon est hâchée. C'est une confession dure à accepter, dure à avaler, dure à pardonner.

Il prend une longue veste azure qui le couvrira pour les températures de mi-saison, et s'en revêt.
Une fois dehors, Aurum, qui guidait imperceptiblement, passe le relais à Lemony pour qu'il les conduise à la Valise. L'adolescent soupire de bien être en sentant le vent frais sur son visage, ouvre les bras, respire profondément l'odeur du parc, de la végétation, du lac.

Lemony reste avec son cousin tandis que celui-ci hésite sur les créatures. Lui n'est pas intéressé par les chats, ni les boullus ou les crapauds, et encore moins les Gnomes.
* Note : penser à tenir Aurum éloigné de Lenny, le petit risque d'être jaloux... Et je ne suis pas encore prêt à discuter de Lenny, avec qui que ce soit. *
Aurum se décide pour une Salamandre et entre dans le programme du parrainage. La créature est craintive, et il vaut mieux les laisser tous deux s'apprivoiser.
Les deux cousins entremêlent discrètement leurs doigts avant de se séparer.

***

Il est 14h00. Non seulement Lemony a besoin de voir Ostara, mais en plus elle va râler d'être retirée de son enclos aussi tard.
— En même temps, si tu ne me suivais pas jusqu'en salle de classe, je pourrais te laisser dans les appartements, fait remarquer l'adolescent passant par-dessus l'enclos.
La petite proteste vivement. Elle n'a pas forcément tout saisi, mais le ton critique est suffisant pour qu'elle comprenne l'ensemble.

Lemony inspecte son enclos. Ostara boude sa gamelle ; évidemment, elle préfère chiper en douce la nourriture préparée par Jade, ou récupérer les restes.
— Ostara. Je suis heureux que tu manges plus, mais ces croquettes sont indispensables. Ce sont les croquettes qui ont un régime équilibré et te feront grandir sainement.
L'adolescent appui sur le nom de son chat, désigne les croquettes, plus que sérieux. Il récupère la gamelle et la secoue. Ostara lève ses yeux bleus vers lui sans broncher.
"Tu as vraiment cru que ça marcherai?" semble-t-elle penser.
— C'est simple, Ostara. Tu finis cette gamelle avant demain, ou tu sera déposée au refuge dès la fin des cours. Plus de dîners humains pour toi si tu prends de mauvaises habitudes.
Cette fermeté est celle avec laquelle il lui arrive de traiter Lenny, quoi qu'avec des mots plus complexes. Le message global est plus important. Elle fera aisément le lien de cause à effet au bout de plusieurs soirées dans l'enclos.

Simplement, Ostara n'est pas exactement habituée à tant de fermeté, en dehors du jardin fleuri. Elle se moque bien de ce que son éleveur est en train de raconter.
Lemony plisse ses yeux clairs.
— Soit tu manges ces croquettes ici, soit je t'entraîne à le faire au Jardin Fleuri.
Ostara, qui s'étirait paresseusement sur son coussin, relève la tête aux mots maudis, et son pelage frémit d'indignation. Lemony se contente d'un haussement de sourcils.

Il se mordille la lèvre tant elle agit de mauvaise grâce, quoi qu'admirant le poil brillant et la graisse sur l'estomac. Au moins a-t-elle pris du poids. Reste que ses muscles doivent être travaillés et son programme nutritionnel y est spécifiquement adapté.
L'humain se lève pour aller chercher de l'eau fraîche : plus celle ci est glacée, plus Ostara semble se délecter. Fort heureusement, les tuyaux qui amènent l'eau au refuge font les frais du temps hivernal.
Ostara ronronne avec reconnaissance, quoi qu'elle lui tourne le dos pour signifier qu'il n'est pas encore pardonné. Lemony étouffe un rire.

Tandis qu'elle fait sa toilette, il nettoie l'enclos à l'aide de sa baguette, puis feuillette le carnet des objectifs.
Ah... Il est écrit ici que tu es censée sortir au moins une fois dans le parc durant le premier stade de ta vie. J'ai du oublier de faire enregistrer les fois précédentes ; cela règle la question de la promenade.
Incapable de réellement bouder son éleveur, Ostara s'étire, lèche ses babines, puis jauge la hauteur avant de sauter sur son bras gauche et de se percher sur son épaule.
Elle gambadera à l'extérieur, mais dans le refuge, ce qu'elle apprécie, c'est d'être en hauteur. En sécurité. Contre son éleveur, son éleveur à elle qui ne partira pas. Plus jamais.
Lemony reçoit des coups de tête en guise de câlins, et appuie à son tour. Ils en ont tout deux besoin.

Il prend bien soin de signer le registre de balade, cette fois-ci.

***

Une fois dans le parc, Lemony et Ostara sont de nouveau inextricablement attirés par les roseaux. Le garçon s'assied ; la petite saute à terre, intriguée par les joncs avec lesquels elle tente immédiatement de jouer.
Lui frissonne dans sa robe, malgré la ceinture d'or qui entoure ses flancs. L'air est humide et pénètre sous ses vêtements, dans ses os même.
Il n'y a pas l'ombre d'une libellule ; pas de moustiques non plus pour le moment malgré l'eau stagnante. Des moucherons, oui. De temps à autre, un bruit d'éclaboussure et des ronds dans l'eau indiquent qu'un boullu vient de gonfler à son goûter.
Quelques toiles d'araignées sont à hauteur d'yeux. Lorsque leur propriétaire est présente, elle est assez petite pour que Lemony l'ignore. Il est habitué à les voir, ayant passé son temps libre dehors, mais il ne les as jamais véritablement appréciées, et depuis sa mésaventure avec les acromentules...
— Beaucoup de temps a passé... murmure-t-il.
Mais il n'a pas revu Luyana, ce qui signifie qu'il ignore où en sont leurs relations, Margaret le méprise toujours associé à une colère incompréhensible, et Nathan semble penser que c'est de sa faute s'il est dans le pétrin. Dans cet état. Snobé par la moitié des Serdaigles.
Pourquoi exactement, Lemony n'a jamais vraiment su. Il a eu le courage de demander, lors des grands affrontements, sans obtenir de réponse concrète.
Avec un soupir, l'éleveur gratouille l'arrière des oreilles de la petite chatte calicot, qui relève le menton et ronronne de plaisir.
— Ca a été une drôle d'année, 'Stara. J'ai l'impression d'avoir vécu quatre vies différentes en douze mois.
C'est déjà décembre.
Ses doigts s'enroulent dans les longs poils noirs et roux du cou, et il roule sur le ventre afin de pouvoir utiliser sa deuxième main pour caresser doucement sous le menton blanc.
Ostara ronronne de plus belle, donne des coups de tête, puis guide l'humain en se frottant à lui, présentant tour à tour son dos, ses flancs, son arrière train.
Finalement, elle se pose sur l'herbe verte et humide, à l'abri de sa fraîcheur grâce à son épais pelage.

Les pieds de Lemony battent l'air. Ils se plient et se déplient, s'arrêtant juste avant de toucher ses fesses, ou plutôt de mettre de la boue sur son manteau azur, et remontent en angle droit.
Le bercement automatique du geste apaise l'adolesent. La boule qu'il a au ventre depuis le matin ne devient évidente que lorsqu'il la sent se réduire.
— C'est tellement étrange... tout est si lent. Peut-être parce que le Chêne s'est endormi. L'Hiver a toujours un rythme différent. J'ai l'impression d'habiter avec Jade depuis des mois.
Ostara écoute attentivement, à l'affut d'un détail.
Déjà, son éleveur n'a pas mal. C'est une amélioration. Avant, Ostara était constamment sur le qui-vive, prête à appeler à l'aide.
Il est triste. Elle sait que sa maison lui manque. La chatte préfère Poudlard et le Refuge. Certe, le Domaine, comme l'appelle Lemony, est un endroit très agréable, mais son éleveur sentait constamment la peur... et parfois le sang. Ostara a rencontré celui qui blessait. Elle a bandé les muscles, prête à bondir sur lui toutes griffes dehors, histoire de le mettre en fuite puis de le tenir hors du territoire de Lemony, mais une main l'en a empêchée. Et puis a fait ce bruit que font les éleveurs lorsque vous êtes en danger si vous faîtes du bruit.

Ostara aurait bien repris sa traque, mais Lemony s'est endormi trop longtemps. Toute la famille était à son chevet, miaulant d'inquiétudes à leur façon. Les hiboux allaient et venaient sans cesse.
Elle a passé ce temps à veiller l'humain. A lui faire sa toilette, puisqu'il ne pouvait pas. A ronronner contre lui, de toutes les manières possibles. A planter ses griffes pour le réveiller lorsqu'il pleurait et gémissait.
Après ça, plus question de lâcher Lemony. La traque reprendrait plus tard.

Soudain, la petite dresse les oreilles. Le vent porte une odeur connue. Son changement de comportement alerte aussitôt le garçon, qui se met en position assise et esquisse un geste vers sa baguette. Il pose sa main gauche sur le sol afin qu'Ostara puisse monter, en mesure de protection.

Tandis qu'il cherche ce qui a alerté sa créature, un son familier résonne à ses oreilles. Il voit la personne, puis enfin, il la sent. Son odorat à lui n'est pas aussi développé que celui d'un chat.
Avec un soupir, il se rallonge à plat ventre, quoi que sans manquer d'interroger la présence.
Elle ne devrait pas être en Ecosse. Le Sud de l'Angleterre a besoin d'elle, Londres peut-être également.
Et il sent qu'elle irradie d'une fureur mal contenue, une fureur qui l'effraie et dont il doit l'aider à sortir.
— Maman ?



Livre – Fanfiction
Une Lueur dans l'Ombre
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 17/09/2026 à 03:04:54

Tefnout est tout excitée de voir Lemony. De toute évidence, elle n'a pas oublié l'adolescent qui a tant joué avec elle aux ombres et lumières. Sa lanterne se teinte d'un rose vif, qui tire vers le coucher de soleil, entre joie et excitation.
Pour autant, elle se retourne vers Jade. Le pied reste droit, mais le corps vaporeux se contorsionne et la femme peut sentir le regard de la petite sur elle.
Tefnout attend son autorisation. Sa gorge se serre.
Elle a l'impression de revivre les premières années de Jade et Lemony, lorsqu'ils étaient encore maladroits dans leurs démarches. La conscient aiguë que Maman est là. Maman regarde. C'est Maman qui indique si la voie est libre, si le danger est passé.

Lemony...
Emerald. Emerald qui a toujours été grâcieuse, Emerald qu'elle évitait de trop exposer au soleil.
— Regarde, Tefnout. Lemony est à l'ombre, près de l'étang. Il y a du soleil, mais les feuillages réduisent son impact. Tu peux traverser prudemment.
Encore effrayée de son erreur avec le soleil, Tefnout se recroqueville sur elle même et le blanc qui la recouvre s'estompe.
— Tu peux le faire. Je te regarde, l'encourage l'éleveuse.
Tefnout fait un bond peu assuré, puis lorsque le soleil ne la blesse pas, un autre. Jade grimace en voyant les rayons et la fumée, mais Tefnout avance encore, tout joyeuse, avant de chercher à attirer l'attention de Lemony avec sa lanterne.

La lumière mouvante attira quelqu'un d'autre, sans surprise.
Une jolie chatte qui relève sa petite tête rousse et noire au museau blanc de la sieste qu'elle faisait, puis s'assied pour jauger, vaguement la nouvelle arrivante, les muscles des pattes avant tendus pour lever la patte vers la précieuse lanterne.
Tefnout poussa un grondement que Jade n'avait pas encore répertorié. Ostara reposa la patte et la regarda, peu perturbée.
— Non, 'Stara. Tefnout ne te connais pas. TEF-NOUT. Tefnout n'a pas encore confiance. Tefnout, je te présente O-STA-RA. Je suis son éleveur.
Lemony avait gentiment abaissé la patte de la petite joueuse, qui remonta possessivement sur l'épaule de l'humain.
La lanterne vira au vert de la jalousie, un vert extrêmement reconnaissable.
— Tefnout, je suis ta marraine. Tu le sais, une créature ne peux pas avoir deux éleveurs.
La voix de Jade avait la douce fermeté de la petite enfance des quatre du Domaine. Son coeur lui sembla se fracturer, et la colère fluctuante jaillit de plus belle.
Le vert vira au bleu triste, puis retourna au vert... avant de passer au rouge en même temps que le pied tapait sur le sol.
En retombant, la cheville causa des vibrations intéressantes. Un Pitiponk avait un certain poids donc, même classé comme immatériel.

Si Ostara avait pu tirer la langue pour narguer le toddler, elle l'aurait fait.
Ce fut probablement plus la réaction que Lemony aurait qui l'arrêta, d'ailleurs. Ostara frotta sa tête contre le menton de l'adolescent, s'assurant que les glandes sous son propre cou déposent son odeur.
Lemony ne leva pas les yeux au ciel. Il ne rit pas, ne gratouilla pas Ostara avec amusement. Il la prit contre lui, la petite tête poilue contre son coeur.
— Je t'aime, Ostara. Je suis ton éleveur... je suis ton humain. Je ne t'abandonnerai jamais.
De rouge aveuglant, la lueur passa à un bleu décoloré, profond, presque gris. Tristesse.
Pire. Chagrin.

Jade s'agenouilla dans l'herbe et ouvrit les bras en direction du Pitiponk.
L'attention de la petite mit longtemps avant de changer, mais elle n'avança pas pour autant lorsqu'elle remarqua Jade. Elle hésita.
— Je sais. Je ne viens pas souvent.
Tefnout avait déjà eu des bruits de tristesse. Le premier soir notamment, lorsque Jade avait lu un conte le temps qu'elle s'endorme. Le jour où elle avait engagé le programme de marrainage également.
Mais les Pitiponk s'expriment principalement de façon corporelle. La petite devint invisible, son pied prit une teinte proche de l'herbe et ses bras cessèrent de luire.

Le pire, c'était sans doute la présence de Lemony.
Son enfant la voyait répéter encore et encore les mêmes erreurs.
Et de simple mots n'auraient pas dû être aussi ardus à prononcer.
— Même si j'ai moins de temps disponible...

La petite fille courait. Elle était ravissante, dans une robe d'ivoire qui donnait de l'éclat à sa peau diaphane. Elle poursuivait parmi les collines un tout petit, dont les cheveux semblaient prendre feu au soleil de midi.
— Lady Emerald ! Vos cours de l'après-midi ont déjà commencé !
Mais la petite ignorait les appels de la gouvernante, et Jade quitta la fenêtre de son bureau pour descendre rapidement l'escalier en colimaçon qui menait directement aux colines.
— C'est indigne d'une lady que d'être en retard !
Ceci attira l'attention de l'enfant. Elle se retourna, se redressa de toute sa hauteur, et posa les mains sur ses hanches.
— Mais parfaitement digne d'un gentleman ?
— Merci, Nanny, je vais prendre le relais. Pourriez-vous demander aux Elfes d'apporter une tasse de thé au Précepteur ?
La femme eut une respiration offensée mais obéit. Jade sourit à Emerald.
— Combien de temps veux-tu jouer encore avec ton frère ?
L'expression de l'enfant ne changea pas.
— Autant qu'il le voudra.
— Chère Emerald... Nous ne pouvons pas faire attendre indéfiniment ton Précepteur.
— Si ! Je jouerai avec Lemony tant qu'il en aura besoin ! Il est seul. Je ne le laisserai pas seul. Jamais.
Mère et fille regardèrent l'enfant qui s'était arrêté au ruisseau et observait les poissons volants sauter, hypnotisé. Il était en parfaite sécurité.
Jade vit la blessure chez sa fille. Elle savait parfaitement qu'elle avait causé cette plaie invisible.
— Mais je suis là, Emerald. Vous passez plus de temps avec vos Précepteurs et les Serviteurs que moi, c'est vrai. Je suis désolée.
Mais il y avait une raison à cela, des barrières si puissantes que personnes ne devait jamais les traverser.
L'expression d'Emerald indiqua pourtant à la mère qu'elle n'était pas loin de perdre l'enfant, d'arriver à Poudlard avec un lien irrémédiablement coupé.
— Je te demande pardon murmura-t-elle en caressant les boucles de bronze. Je te fais le serment de prendre plus de temps avec vous. Je t'aime.
Les yeux émeraude se durcirent.
— C'est trop peu, trop tard.


S'ouvrir.
Jade avait juré à Lemony qu'elle s'ouvrirai.
Elle sortait peu à peu de la bulle dans laquelle elle s'était volontairement cloîtrée.
Mais ce souvenir...
— Maman...
Lemony était d'une douceur précautionneuse.
Peut-être même savait-il exactement quel souvenir sa mère avait à l'esprit.
Tefnout s'était avancée d'un pas.
La lanterne était passé à un bleu plus lumineux, et Jade distinguait de nouveau le bras qui la tenait.

* Ah. Je ne peux laisser le passer l'emporter. Et le lien entre créature et éleveur est bilatéral. Nous nous aidons mutuellement. Tefnout veut aider. Elle n'a pas fui devant ma fureur... et elle est plus solide que je ne le crois. *
Il fallait lui faire confiance.

Pour Jade Parlambre, qui vivait un violent ascenseur émotionnel devenu sauvage depuis environ trois heures, c'était une épreuve presque hors de sa portée.
— Ce n'est pas uniquement à moi de mettre fin à la période de marrainage, Tefnout. La décision doit venir de nous deux et– je sais que je souhaite devenir ton éleveuse. Mais nous n'avons pas encore statué...
Le voile relativement matériel du Pitiponk se souleva dans le vent, secoué par la créature. Hochement de tête incrédule, soupir dramatique ?
Les deux visiblement, parce que Tefnout sautilla fermement jusqu'à la jeune femme et prit fermement sa main. Avec l'autre main... ou patte ? Celle qui ne tenait pas la lanterne. Celle qui était à la fois brûlante et glacée, matérielle et intangible.

Jade déglutit.
— Je dois rentrer au Refuge, Lemony.
Son enfant lui lança un regard sybillin, par-dessous ses longs cils.
— Les berges de l'étang sont parfaites pour jouer... et chasser les libellules, contra-t-il. — Tu es censée être au Domaine, Maman. Onyx et toi êtes vous... en proie à une situation qui nécessite un éloignement physique durable ?

Il avait peur.
C'était écrit sur tout son visage. Dans ses yeux pâles qui soutenaient son regard trop longtemps, sur ses traits encore trop creux.
Il n'avait pas seulement peur. Un cauchemar naissait dans son esprit. Il se réveillerait en hurlant durant la nuit.
* Oh, Déesses. *
Le Noël précédent semblait si loin.
La haine qui avait brûlé dans sa poitrine...
— Non. Onyx et moi gérons les affaires... en relative harmonie.
Si Jade pouvait éviter de devoir rattraper les permissions qu'Onyx ne possédait pas encore et antidater certaines procédures, elle dormirait une heure de plus chaque jour. Mais c'était une danse qu'ils menaient depuis dix-sept ans.

Lemony posa doucement Ostara entre les roseaux, puis fit clapoter ses mains dans l'eau, éclaboussant doucement Tefnout tout en appâtant le félin.
— Je...
Il eut de nouveau l'air fiévreux.
— Je suis heureux que tu sois Bibliothécaire. Maman, le Domaine me manque mais... je ne peux pas... je ne veux pas être ce que veut Papa.
Entre le souffle sur le brasier de la colère qui redémarra de plus belle, et le coeur battant de l'enfant qu'elle entendait cogner contre sa poitrine, la jugulaire de son coup pulsant beaucoup trop vite, Jade fut tiraillée.

C'était la première fois que Lemony exprimait à voix haute son désir de rester lui-même.
Et c'était effectivement la violente altercation que Jade Parlambre et son époux venaient d'avoir.

Jusqu'alors, Jade avait tenu Elijah séparé de Lemony, attendant qu'il se calme. Lui donnant du temps pour accepter ce qui aurait dû aller de soi.
Ce n'était pas comme si son nom de famille allait être transmis, après tout, il l'avait accepté en l'épousant.
— Te sens-tu mieux dans ton corps ? Ou... vois-tu ton avenir différemment ?

Elle voulait savoir pour qu'eux deux puissent naviguer paisiblement. Pour qu'elle sache quel sujet était sensible, quel sujet allait mieux.
Lemony avait toujours si violemment haï son attirance pour les garçons...
Non, pas toujours. Uniquement lorsqu'il s'était rendu compte qu'il était différent de plusieurs manières, toutes liées entre elles, et que là où il était juste "Lemony", ses proches voyaient en premier autre chose.
Oui, Jade avait eu de violentes altercations avec son propre jumeau à ce sujet.
Mais au final, le véritable sujet était enfoncé dans un inextricable nid de ronces.

Elijah ?
Il fallait le travailler au corps. Mais il était en portàfaux. Il avait frappé Lemony, il l'avait rasé à blanc, humilié, avait détruit toute estime de l'enfant en lui-même...
Jade savait qu'elle se rattrapait à des brindilles moisies. Et elle commençait à n'absolument plus en vouloir.
Sa relation se mourrait, et elle allait devoir décider de la suite.

Une vague d'eau la trempa des pieds aux genoux. Une vague d'eau glacée, suivit du rire si reconnaissable de Tefnout.
Elle était là. Elle réclamait l'attention promise.
Jade aurait pu se sécher, mais elle savait d'expérience que la Pitiponk serait blessée.
— L'eau est très froide. Tu n'as pas trop mal ?
Elle se souvenait de leur première sortie, dans un temps pourtant plus doux, où sa filleule avait souffert sans qu'elle ne le sache parce que la communication n'en était qu'aux balbutiements.

Tefnout fit trois bonds assez spectaculaires qui éclaboussèrent évidemment Jade, mais aussi Lemony et Ostara.
La petite chatte se hérissa, mais son éleveur la caressa, enlevant aussitôt les gouttes d'un pelage si épais que l'eau glissait dessus.
Jade faillit discrètement sécher Lemony mais... il ne semblait pas perturbé par la température de l'eau.
La mère plissa les yeux. Et reporta intelligemment son attention sur sa filleule, qui montrait fièrement son pied.

Jade l'examina avec attention et émerveillement.
La douceur de bébé avait disparu. Quelques écailles venaient renforcer la plante, empêchant le gravier ou les cailloux pointus de causer de l'inconfort.
Elle leva un doigt qu'elle laissa au-dessus du pied, question muette, attendant le consentement.
Tefnout souffla visiblement, vu comme Jade sentit ses vêtements humides se coller à sa peau, et sautilla. Amusement. Accord.
Les écailles étaient encore en train de s'améliorer, peut-être vers une construction semblable à celle des requins. Le sang qui circulait dans le pied était chaud, mais les écailles permettaient visiblement d'emmagasiner la chaleur –jusqu'à un certain point, devina la marraine. Tefnout pouvait désormais aller dans l'eau froide, et elle tiendrait... une trentaine de minutes ? Une heure peut-être. Le pied n'était pas aussi chaud qu'au Refuge, mais il demeurait tiède.

Fascinant.
Et vu comme Lemony, de nouveau à plat ventre –cette fois Jade lui lança un sortilège d'imperméabilité, elle avait travaillé dur pour refermer ses cicatrices bon sang !– leur interaction était tout aussi fascinante. Il les étudiait avec intérêt, sans jalousie...
Il était plutôt soulagé.
Toujours en attente d'une réponse à sa question, mais soulagé de voir que Jade tissait de nouveaux liens.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."
Squelette unijambiste
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Serdaigle
2e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 30/09/2026 à 02:10:03

Lemony est aux aguets.
Si Jade file au refuge, il perdra la réponse à ses questions. Et même s'il n'est pas certain de vouloir savoir, il préfère la vérité.
Lemony a toujours préféré la vérité.

L'herbe humide transperce son manteau de mi-saison et il sent les noeuds se coller aux cicatrices.
Là aussi, il devrait pouvoir confronter sa mère, mais il ne parvient pas à rassembler le courage pour même inspirer avant de poser sa question.

Parfois, certaines choses font trop peur.
Parfois, se dire qu'il y a toujours une chance pour que... maintient un fragile équilibre mental.

Malgré tout, il s'oppose à un aller-retour trop rapide au Refuge. Les Magizoologues sont présents jour et nuits ou presque, ils se relaient. Il y aura toujours quelqu'un pour signer le formulaire d'adoption officielle.
Et Tefnout aura le temps de voir que ce n'est pas une impulsivité d'humain. C'est la volonté de son éleveuse, et ça le restera.

***
Tandis que sa mère le rassure concernant la situation entre elle et Onyx, Lemony observe son langage corporel. Dès que son jumeau est impliqué, elle est différente. Mais en effet, la fureur qui émane d'elle ne vibre pas de cette façon si particulière.
Et son visage n'est pas marqué du chagrin et du manque qui précède les séjours en huit-clos. Les jumeaux sont en équilibre, pour l'instant.

Les épaules du garçon se relâchent ; il ignore pourtant s'il éprouve du soulagement. Si Jade avait éprouvé le besoin de deux semaines resserrées avec son frère, elle n'aurait pas laissé son fils seul.
Et, Morgane, que le Domaine lui manque !
Les siens, les jardins, les livres si précieux. Sa chambre, les Elfes de Maison Libres et Appartenant à la famille, dans leurs uniformes particuliers, les confortables quartiers qui leur sont attribués et qui veillent à respecter chacun d'entre eux.
La Volière, les roses noires et troncs rouge sombre du Jardin Maudit, et surtout, surtout... Il est loin de sa culture. Loin de son autel, des cérémonies qui rythment l'année celte, de l'arbre Chêne et du repos du Roi Houx.

— L'appartement est dénudé, dit-il.
Sa voix résonne bizarrement. Il cille, cherchant la réaction de Jade.
Est-ce, enfin, le Don ?
Le qui-vive, le haussement de sourcil ou le sourire qui suivraient une telle apparition ne passent pas sur le visage de sa mère. En revanche, Tefnout tourne sa lanterne vers lui, orangée et la secoue devant ses yeux. Aveuglé, les rétines douloureuses, Lemony se tend.
Les poils d'Ostara se hérissent aussitôt. Elle lâche la chasse à la libellule et vient se planter devant le Pitiponk, son petit corps tout hérissé et tendu. Tefnout émet un grondement, mais Ostara feule.

Lemony s'est pris quelques grondements, et s'est fait cracher dessus dans le jardin fleuri, une fois. Mais ce feulement aigü n'est pas un avertissement, c'est un ordre.
La lanterne vire à l'orange sombre et la plus jeune pivote, affolée, pour trouver Jade. La lumière danse devant les yeux de Lemony ; Ostara feule de nouveau, exactement de la même manière, puis, cette fois le poil retombé, se lève pour faire obstruction à la lanterne et la repousser loin de Lemony.
Tefnout disparaît en un éclair, sa lanterne s'affolant entre un rouge vif, un rouge sombre, et un gris terne.

La petite chatte s'empresse de lécher le visage de Lemony, qui ferme les yeux par automatisme. Elle lèche vigoureusement ses paupières.
— Ostara, Tefnout n'est pas un danger. Elle ne voulait pas m'entraîner vers un marais. Elle est petite, elle s'est juste... inquiétée.
— C'est le premier entraînement prévu, confirme Jade tout en tentant de cajoler la toute-petite, esquissant ses contours comme elle le peut et murmurant des paroles réconfortantes qui ne regardent pas Lemony et qu'il ne devrait pas entendre.
Ses joues brûlent. Parce qu'il entend quand même, et qu'à moins de se boucher ostensiblement les oreilles, il ne sait que faire de son ouïe puissante en cet instant incroyablement embarrassante.
Ostara se met à ronronner fort devant son visage, si fort qu'elle masque les murmures.

* Déesses d'Avalon... j'ignore ce que je ferai sans elle. Elle m'est si précieuse... *
Il enroule ses doigts dans les longs poils tricolores, gonflé d'amour.

Dès que Tefnout est calmée, Lemony reprend :
— Nous n'avons pu réaliser aucune couronne à Mabon. Litha était encore pire, nous n'avons renouvelé aucune étoile. J'ai passé Sahmain selon la culture Pédouzienne. Yule arrive, nous n'avons toujours aucun autel, aucun atamé, aucune protection.
De nouveau, Tefnout se retourne vers lui, et Jade fronce les sourcils. Ostara émet un "brou" et ronronne contre lui.
— Maman ?
Es-tu fatigué, enfant d'Ambre ?
Cette appellation qui lui donne l'impression d'être chéri et lui retourne l'estomac à la fois. Parce qu'il n'a pas de pierre.

Il fronce les sourcils. Sa matinée a été passée selon le rituel spécifique du samedi matin : la forme de méditation qui lui permet de vérifier son état.
D'abord, la présence du lien avec Jeebelan. Inactif, mais indubitablement présent. Il panique toujours un peu lorsqu'il a du mal à le trouver, mais chaque fois il y parvient.
Puis, au creux de ses reins, une sensation nouvelle qui pulse dès qu'il tente de toucher d'autres endroit magiques. Il effleure à peine ce lien établi un mois auparavant ; il sait pourtant ce dont il s'agit, car la cicatrice tire toujours.
Il est passé sous les cieux de Brocéliande. Il bénéficie d'une protection active dont il ne paiera aucun prix, car c'est Jade qui a prié, et c'est à Jade que le petit peuple à répondu.

Il y a aussi la présence de sa magie sorcière, mais il ne prend jamais le risque de s'en rapprocher. Ce qu'il fait pourrait s'apparenter à de la Divination et sa mère a été très claire : on ne touche pas à l'Önd sans supervision.
Il y a... d'autres choses. Elles sont hors d'atteintes, mais elles sont là. A moins qu'il n'ait une imagination particulièrement active.
Il désire un Don de Parole du plus profond de son être.

— C'est une possibilité... je veux surtout retrouver...
Il veut retrouver une partie de son identité, tout simplement. Jade semble le comprendre et se radoucit aussitôt, cessant de s'inquiéter.
La vérité, c'est que même s'il ne s'en est pas rendu compte, Lemony a débité le tout sur un ton monocorde au possible, alertant autant Jade que Tefnout.
Ostara, elle, est repartie à la chasse. Elle a cessé de patauger, les oreilles pointées en avant, la queue au-dessus de l'eau pour ne faire aucun bruit... La grenouille saute mais le chaton est plus rapide. Elle l'attrape à la gorge, mais peine à l'immobiliser.
— Elle est blessée, 'Stara. La bonne chose à faire, c'est de la tuer.. et de la manger.
Les pattes du chaton malaxent la pauvre bête pour l'empêcher de se sauver, l'amphibien doit être au martyr.
Lemony et Jade pourraient être dérangés.
Mais ils descendent de créatures. Lemony a un jour mangé une souris que son cousin avait chassé pour le petit déjeuner. L'instinct chasseur félin ne peut pas être blâmer. En revanche...
— Mâchoire sur le côté, et un coup de dent vif, répond Jade à l'interrogation muette de son cadet.
Ostara suit le conseil avec prudence, déchire la peau, semble surprise du goût et un peu déçue que la grenouille ne bondisse plus.

Tandis que Lemony prend le temps de la faire goûter, parce qu'on ne tue que pour se nourrir et que c'est important de ne pas gaspiller la grenouille, Jade considère la question.
— J'avais espéré que nous pourrions préparer Yule au Domaine, admet-t-elle.
Sa voix ressemble à un rasoir, et elle vibre de colère et d'autre chose aussi, une chose qui donne envie à Lemony de lui proposer d'y aller.
Excepté que c'est déjà son souhait.
Il cille. Ce n'est pas une réponse claire.
— Mais l'appartement restera dénudé.
— Et si tu avais défait tes cartons plutôt que de tout retourner pour trouver le plus de photographies et dessins possible avec Thylas, ta chambre serait dans un état convenable, rétorque Jade.
Mais ce n'est pas véritablement une remontrance ; sa voix et ses yeux étincellent d'humour.
Ceci étant, Lemony a plutôt intérêt à ranger ce qui commence à être un véritable bordel. Ils cohabitent précautionneusement et Lemony respecte le désir d'ordre parfait dans les pièces communes, mais il sait aussi qu'en plus d'être l'adulte responsable qui s'occupe de lui, Jade est sa mère. Et s'il se fie au récit des autres adolescents, l'obsession pour les chambres rangées et les lits faits est un point commun des mères.
A priori, pas pour les pères.

Le garçon voudrait insister. Il n'a pas obtenu de réponse claire, et ça l'angoisse. Il veut une promesse qu'ils décoreront, qu'ils retrouveront leurs coutumes.
Mais Jade irradie de nouveau de fureur, ses yeux assombris par une colère qu'il ne lui a jamais connue.

Heureusement, Tefnout est fascinée par la façon dont Ostara découvre la grenouille et la mange.
La petite chatte hésite ostensiblement. Partager la proie ? Elle n'a pas un grand estomac. Mais Tefnout n'est ni un humain, ni un félin. Réactions inconnues. Sans compter qu'après s'être fait agresser par le chaton, le Pitiponk est aux aguets... et qu'Ostara n'a pas la moindre intention de se soumettre pour signaler que la voie du repas est libre.
Ce serait envoyer le mauvais signal. Lemony est son humain, c'est elle qui décide. Si elle dit non, l'autre recule.
Mais Tefnout est un bébé, a dit Lemony. Et un bébé ne peut pas attraper à manger seul. Se souvent de la façon dont son éleveur l'a aidée, Ostara pousse la grenouille vers le Pitiponk de la patte. Et le tapote, histoire qu'elle sache qu'il faut mettre la main. Parce que les créatures qui ont des mains s'en servent pour se nourrir.

Le temps que la tension se dissipe dans l'air, la grenouille a connu un destin mystère.

***

La question de Jade est claire, mais elle demande une réponse très développée et Lemony n'est pas certain de vouloir en arriver là.

Ils sont en public, et sa mère a évité le moindre mot qui puisse être écouté, ou lui faire mal.
Il sait qu'elle espère qu'il est en paix avec son attirance romantique, qu'il l'a accepté, qu'il se projette en couple, dans une maison sorcière ou moldue, avec un garçon. Peut-être des enfants. Ou du moins, elle veut savoir s'il est toujours persuadé qu'il n'échappera pas à un mariage arrangé.
Les paroles de Thylas concernant les thérapies de conversions lui reviennent, et c'est un autre nid de vipères, littéralement quoi que sans méchanceté.
— Est-ce vraiment moi qui choisit mon avenir ? Fut un temps, j'étais persuadé que vous aviez déjà des arrangements potentiels en tête... et des contacts plus expérimentaux... voire moldus.
Jade devient livide et vu la main qu'elle pose sur son estomac, contient une violente nausée.
— Déesses, Lemony, non ! Jamais ! Jamais, tu m'entends ?
Dans un mouvement flou, sa mère se précipite vers lui pour l'étreindre, cherche ses mains, ses cheveux, et se retient pour ne pas l'embrasser ou l'apaiser de caresses.
Elle tremble. Et elle semble au bord des larmes, tétanisée, et Lemony ne comprends pas pourquoi, ni ce qui se passe. Ils sont des Sangs-Purs. Jade cherche ses mots, les bons mots, elle en ravale un certains nombres et comble avec des "Jamais" et des "Amour."
— Je te présente mes excuses. Je n'aurais jamais dû te laisser seul face à cela. J'aurais dû m'opposer à Elijah dès le premier regard noir. Ce sont des méthodes de torture, enfant d'Ambre.
— Je sais, répond-il d'une voix creuse.
Mais ses bras attestent une tout autre histoire.
— Mais je dois tenir mon rang.
Jade semble figée, secouée.
Lemony mettra des années avant de comprendre que ce jour-là, il a vu sa mère se battre pour qu'il n'ait aucune perception d'à quel point ses mots avaient érodé l'estime de son parent. A quel point parfois, l'impression d'être le pire parent au monde, un danger et une présence toxique, étrangle ceux qui ont des enfants.

Il hésite toujours à répondre.
Tefnout est inquiète. Ostara a manqué une libellule de peu, et risque fort de se faire piquer si elle arrive à atteindre une aile ou s'approche encore trop.
— Je ne suis pas intéressé par ces concepts de virilité, de masculinité, de violence. Même quand je ne suis pas concerné... ceux que ça intéresse... je n'ai pas envie de dialoguer avec eux de... la puissance d'un homme, le fait de tenir le foyer par l'argent... les histoires où les femmes sont des prix à gagner, des objets... j'ai toujours su que c'était abject. Et le fait qu'Elijah veuille que je sois ça... ou que je bombe le torse, que je fasse peur par ma taille et ma force... ça me révulse. Ce n'est pas comme ça que je veux être un garçon.
Lui qui a d'ordinaire un langage si construit, argumenté et soutenu peine à s'exprimer, recherchant exactement ce qu'il ressent, ce qu'il veut.
— Mais ma démarche... celle que tu veux que j'utilise... elle est voyante. Mes manières sont voyantes. Tout le monde les associe aussitôt à... à mes préférences romantiques et je n'aime pas ça. C'est une information dangereuse, encore. Thylas... Maman, même Thylas a eu du mal à l'accepter.
Sa gorge se gonfle au souvenir et cette fois, il laisse les larmes venir et se fiche du sanglot qui lui échappe. Elle est la personne qu'il aime le plus au monde. S'il ne peut pleurer pour ça, alors pour quoi ?
Ostara se détourne aussitôt de l'eau. La lampe de Tefnout vire au bleu.
Jade pose les yeux sur le pied de la Pitiponk, clairement déchirée entre les larmes de son enfant et le bien-être de sa filleule.

Lemony saute sur l'occasion. Parce qu'il a répondu, mais que Jade sait qu'il se demande pourquoi elle n'est pas au Domaine et pourquoi elle est aussi enragée... et qu'elle fait mine de l'ignorer.
— Il est temps d'aller au chaud, murmure-t-il en proposant son bras à Ostara, qui se blottit aussitôt contre lui, contre son torse.
Visiblement, son cou n'est pas assez à l'abri des courants d'air quand on a le pelage trempé.
— Qu'est-ce qui se passe, Maman ? Qui, ou quoi, pose souci ?
Il presse un peu, et regrette de ne pouvoir éblouir d'innocence et de charisme comme Aurum, de faire pression comme Onyx, ou d'avoir cette vibration magique comme Jade.
Il devra donc être direct.
— Peut-on rentrer pour Yule... et... Quelles sont les nouvelles de Papa ? Maman, je sais ce qu'il pense de moi. Il reste mon père.
C'est faux.
Lorsqu'Elijah a porté le premier coup, il a perdu tous droits parentaux sur lui. Et, même si Lemony se doute que sa mère n'a aucune idée qu'il est au courant, Elijah n'est pas même son géniteur.
L'adolescent préfère laisser parler son coeur.
— Il m'a fait du mal, et j'ai peur... Je veux savoir où il en est. Et malgré tout... c'est compliqué.
Une heure par jour, pour le thé.
C'est peu. Mais c'était du temps de qualité, qui a duré neuf ans. C'est plus de temps que certains de ses pairs aristocrates ou Sang-Purs ont jamais reçu. Malgré l'absence de lien du sang, malgré la violence, malgré les trois années de mépris et de distance...
Le coeur n'a pas d'interrupteur on/off. Un jour, Elijah a été son père et ne plus l'aimer du tout n'est absolument pas aussi simple que ça en a l'air.



Livre – Fanfiction
Une Lueur dans l'Ombre
Joueur de Quidditch
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Poufsouffle
2e année
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 11/10/2026 à 23:34:16


Zénobe et Muggli
Balade avec Muggli — Utilisation de 3 plateau repas pour remplir la jauge.

Muggli était heureux de se promener dans le parc avec son plus vieil ami. Le jeune chat gambadait presque en sautillant, jouant avec les pieds de son jeune maître. Comment? Tout simplement en jouant litteralement sur les pieds de Zenobe.

ZÉNOBE :Muggli, arrete du va me faire tomb... Aaaah

Alors que Zenobe chutait, le petit matou en herbe pris ses coussinets àson cou et se dépêcha de se mettre à l’abri. Zenobe, au sol, pris le temps de se remettre de ses émotions avant de se relever.
Le jeune poufsouffle maintenant debout, s’approcha d’un petit carré d’herbe où poussait quelques violettes pdprantes. Il s’assit dans l’herbe, cueillit une fleur qu’il suçota. Le goût sucréde la violette l’aidait àse remettre du petit choc qu’il venait de subir.

Il se tourna vers son animal

ZÉNOBE :Bon bah.. C’est chose faite. Tu viens? T’as eu peur mais tu sais tout va bien. Juste quelques petites ecorchures au genou, rien qui ne guerira pas très vite. J’ai un petit quelques chose àmanger pour toi.

il sorti un plateau repas qu’il déposa au sol et sourit au félin qui s'approchait avec hâte et gourmandise. Muggli englouti son premier plateau repas en un temps record. À peine termin, le chat vint se frotter la tête contre la main de son humain. Le grand primate ne comprit pas tres vite le.message caché derrière ces gestes. Muggli entreprit une autre strategie: le mordillage de doigts. Et ca fonctionne très bien.

Zenobe rit de bon coeur en voyant opéré le puit sans fond qu’etait l’appetit de la bete vorace d’à peine quelques kilos. Il sorti un second plateau repas et un suivant jusqu'àce qu’enfin, le felin roule sur le côté en se laissant sombrer dans les voluptes d’une sieste digestive bien meritee.

Le garçon se releva apres quelques instants de contemplation. Il prit delicatement son chat entre ses bras et le ramena dormir confortablement dans son petit domaine luxuriant où un moelleux joli petit coussin l’attendait.



Poufsouffle: La meilleure maison de Poudlard!

Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Le parc de la Valise
Créé : 16/10/2026 à 01:20:15

Lemony triturait l'herbe fraîche, veillant sur Ostara tout en fixant l'eau du regard.

C'était son enfant.
Elle avait failli le perdre tant de fois, mais il était si près, si anxieux, avec des questions dont elle connaissait l'existence mais pas la teneur.

Tandis que l'adolescent veillait sur les deux petites qui jouaient dans l'eau, Jade tenta de revenir sur l'objet de sa colère afin de rationaliser et de se calmer.
Laisser Lemony, debout à sept heures du matin un samedi uniquement pour prendre son petit-déjeuner avec elle, était toujours difficile.
Parfois, elle se demandait si c'était l'autarcie familiale qui était la cause des soucis d'intégration de Lemony, mais l'enfant avait toujours brillé lors des sorties dans le Monde Moldu. Ses compétences en maths s'étaient améliorées lorsqu'il avait dû apprendre à convertir les Gallions en Livres, et les deux monnaies en euro.

Une petite main tira sur sa veste pour l'arracher à ses pensées. Haussant les sourcils, mais toujours intéressée par les facultés de sa filleule, Jade demanda :
— Voyons voir, Tefnout... est-ce que tu te souviens de combien d'enfants humains je m'occupe ?
La jeune Pitiponk tourna sa lanterne vers Lemony en interrogation manifeste.
Et puis elle montra un poing fermé. "Humains ? Zéro."
Jade faillit éclater de rire. Etait-ce une excellente
répartie, ou le genre de sass qu'ont parfois les tout-petits sans s'en rendre compte ?

Ses épaules se secouèrent tandis qu'elle riait discrètement pour ne pas alerter Lemony. Elle s'accroupit pour murmurer :
— Tu connais les sorciers, petite Tefnout. Ils n'ont prêté aucune étude sur ton peuple. Moi et les autres éleveurs de Pitiponks sont considérés comme excentriques parce qu'ils ne pensent pas que vous êtes véritablement des créatures, des êtres vivants, avec votre culture. Mais ça, ça fait ta force. Laisse-les te sous-estimer. Pour mes enfants, c'est un secret. On laisse les sorciers dire qu'ils sont humains.
C'était bien plus simple que d'expliquer un long métissage, des complications politiques et le fait que malgré tout, Lemony comme Jade soient en parti humains.
Et comme tout enfant, le fait d'avoir un secret de grand confié à elle rendait très fière Tefnout dont la lanterne avait viré au rose bonbon.

Les Pitiponks n'ayant pas assez de doigts sur la main pour arriver jusqu'à quatre, Tefnout compta sur ses doigts de pieds, hésitante. Trois.
Elle regarda Jade. Si sa marraine avait eu une lanterne, la lanterne aurait été bleue, voire grise. Elle avait beaucoup beaucoup de chagrin, alors Tefnout pointa le quatrième orteil, et elle fut félicitée. Sa marraine semblait fière.
Tefnout se souvenait de la fille qui était venue la voir au Refuge. Cheveux couleur... écorce sombre. Pas de l'ébène. Une joli couleur de boue des marécages, semblant tout aussi liquide et douce au toucher. Des yeux vert, couleur grenouille toxique des marais.
Elle avait regardé Tefnout longtemps.
— Alors c'est toi que ma mère a choisi d'adopter ? Elle ne devrait pas y être autorisée. Elle risque de te briser le coeur, tu sais. Tu risques d'être encore abandonnée.
La fille avait été très amère, avec beaucoup de chagrin aussi.

Elle était revenue une autre fois, un chat dans les bras. Ostara, réalisa Tefnout. C'était Ostara que la fille tenait, et qui se laissait faire, sans ronronner autant qu'avec Lemony.
— De nouvelles fleurs... déjà ? Elle est revenue dans la semaine ? Et... un livre de contes. Ha !
Tefnout s'était mise en colère. Elle avait disparu, ne laissant que le rouge furibond de sa lanterne, attrapant des morceaux d'écorces de sa collection pour les lancer à la tête de la fille.
Elle détestait ce qu'elle entendait. Elle détestait l'expression pensive qui voulait dire "Ah oui, tu es une expérience intéressante", parce qu'elle savait que sa marraine le pensait mais ce n'était pas pour ça qu'elle venait lui lire des histoires. C'était pour peut-être devenir son éleveuse. Une vraie éleveuse.
— Je suis désolée. Peut-être que tu auras plus de chance que moi. Mais si elle t'abandonne... je ne peux pas te recueillir. Je devrais m'occuper de mon petit frère, déjà... et je ne le fais pas, parce qu'il refuse de sortir de sa cage. Peut-être que je trouverai quelqu'un pour toi.
Tefnout avait disparu entièrement, et réussi à faire apparaître un épais brouillard pour la première fois de sa vie. Le chat avait miaulé. Elle avait été désolée. Mais ensuite la fille avait toussé et ç'avait été bien. Satisfaisant.

Ensuite, il y avait l'être d'or liquide, Jade lui avait raconté qu'il était au château. Elle avait montré l'emblème de la maison, le rouge et l'or. Mais le quatrième, Tefnout se souvenait à peine de l'histoire.
Quelques soirées plus tard, la jeune Pitiponk apprendrait que ce qu'elle avait pris comme une sorte de serpent était en fait un enfant de dix ans, et le quatrième.

***

En attendant, Jade fit d'autres jeux de doigts et de chiffres.

Et puis la voix de Lemony résonna.

Tefnout s'affola, Ostara la tint en respect tandis que Jade se demandait si la lumière faisait aussi mal que le bruit, mais que son enfant n'avait pas osé lui en parler.

Elle calma sa jeune filleule, d'abord avec des mots, puis avec une berceuse en gaélique.
Jade avait eu beaucoup trop de temps libre à l'adolescence.
— Ce n'est rien. Tu as eu peur, mais personne ne te fera de mal Tefnout. Ostara ne te fera rien, elle a juste peur pour son éleveur, elle réagit comme beaucoup de créatures. Tu as été très courageuse, tu as bien réagi. Tu as vérifié qu'il allait bien, qu'il était conscient, qu'il suivait la lumière, c'est très bien. Tu es une Pitiponk très diligente et tu peux être fière de toi.
Réconforter, rassurer... complimenter Tefnout fonctionnait bien, découvrait Jade. Elle avait une très faible estime d'elle-même.
Complimenter. Affirmer qu'elle était fière, en tant qu'éleveuse. Ne jamais tressaillir ni montrer de la surprise. Et peu à peu, Tefnout s'ouvrait... Et Jade devinait aisément que sa filleule l'apprivoisait également et comprenait tout autant de choses sur sa marraine.

***

La voix de Lemony était tellement... monocorde. Hâchée, parce qu'il cherchait à exprimer exactement ce qu'il ressentait, que c'était des mois de réflexions qui venaient et qu'il acceptait de dévoiler.
Il semblait tellement jeune. Jade tenta de se rappeler de ce à quoi Emerald ressemblait à son âge, mais sa fille était déjà entrée pleinement dans l'adolescence.
Mais le ton plat et monocorde, uniquement descriptif... Dès qu'il apparaissait, c'était le signe que Lemony devait se retirer dans sa chambre, qu'il était trop épuisé par sa journée.
Cette fois, pourtant, c'était différent.
De l'angoisse, comprit Jade. De l'angoisse vis à vis d'un vide qui montait et qu'elle ne connaissait que trop bien.
Mais que pouvait-elle faire ?

La fureur qui l'avait quittée au cours du temps passé avec les petits la reprit de plus belle.
Les souvenirs du matin revinrent la tourmenter.

Premier geste de son arrivée au Domaine : aller voir Onyx. Il commençait par lui donner les tâches administratives, y glissant les soucis qu'elle devait régler pour lui. Si Jade devait râler, elle le faisait à midi, ils argumentaient ; elle lui transmettait ses propres retours.
Ils discutaient le soir, dès que le dîner était terminé, à dix-neuf heures, des sujets les plus lourds et importants.

Mais cette fois, la pile de dossiers était relativement mince, même la pochette contenant les contenus commerciaux à régulariser. Il y avait, en revanche, nombre d'invitations.
Ils n'avaient pas eu besoin d'introduction.
— Jadig, il a besoin de Yule.
— Je sais.
— Poudlard célèbre Noël. On peut y trouver refuge en cas de besoin... mais en l'occurrence, Lemony appartient au Domaine, et ses liens avec Avalon doivent être renforcés. Ce sera la première cérémonie depuis les Orionides... et tu me dis que le poison a tout de même laissé une trace.
Bien évidemment qu'Onyx savait.
Ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre. Aucun.
Et les invitations étaient une pression de plus, une pression qu'Onyx se gardait bien de mentionner.
Déesses, un an auparavant exactement, les jumeaux se déchiraient si violemment qu'ils s'exilaient dans des hémisphères différents.
Le souvenir du Noël Australien, de cette bulle de bonheur ou n'existaient qu'Elijah et elle, deux enfants en périphérie, faillit la faire suffoquer.
Et puis.
— Onyx, Lemony commence tout juste à retrouver une longueur de cheveux qui lui convient et à sortir la tête de l'eau. Je ne peux pas l'obliger à retourner à l'état dans lequel il était avant Poudlard, l'enfermer de nouveau dans une honte qui n'a pas lieu d'être.
Un éclair dangereux passa dans les yeux noirs. L'éclat d'une lame d'acier.
— C'hoar. Tu as deux choix. L'entre-deux est un équilibre précaire et illusoire.
— Non.
Sa voix n'était qu'un souffle.
— C'est Lemony dont nous parlons, Onyx.
— Lemony et Emerald, Jade. C'est eux depuis près de dix ans.


Jade répondit à la supplique de son enfant par une phrase affectueuse concernant Thylas et le désordre, mais son esprit était à des lieues de l'écosse.
Onyx avait été cruel, et ses paroles avaient été violemment ancrées dans sa chair, mordantes, glaçant son sang.
Lemony et Emerald.
Ceux qu'elle avait abandonné au profit d'Elijah et de la sécurité. Presque. Les bulles qui existaient entre son époux et elle à chaque crise violente entre les jumeaux étaient spéciales.
Trop peu, trop tard. Pour Emerald.
Mais assez et bienvenu pour Lemony, qui prenait tout ce qu'elle donnait, et lui rendait de façon quasi-inconditionnelle depuis quelques temps.

Alors Jade avait fait ce qu'elle aurait du faire depuis longtemps : expliqué à son époux qu'il allait devoir se faire aux préférences romantiques de leur enfant, point.
Elle sentit ses doigts se resserrer sur ses paumes, l'impression que ses mains devenaient des serres aussi prégnante que durant l'été. Ses yeux balayèrent le parc, vérifiant que les créatures ne s'affolaient pas, mais seul Lemony remarqua son état, et comme toujours, il était placide. Dans la retenue et la prudence.

Ostara était bien trop occupée avec sa bataille territoriale et la hiérarchie féline pour prêter attention à quiconque n'était pas son éleveur, et son éleveur était placide.
Quant à Tefnout, elle réfléchissait sur ce qui devait être la première grenouille de sa vie. Peut-être la texture ou les effets de... quelle que soit la façon dont elle se nourrissait.

***

Si Jade avait l'impression que Lemony évitait sa question sur la façon dont il se percevait et sentait déjà ses poils se hérisser sur ses bras et sa nuque, signe d'une irritabilité trop prononcée, la première réponse de son fils la prit à la gorge.

C'était exactement le genre de Lemony que de penser avant tout à la famille Parlambre, et d'avoir déjà divers plans dans son esprit. Ils étaient élevés ainsi, après tout.

Si la question sur un mariage arrangé était plus ou moins légitime, celle sur les thérapies de conversion lui retourna les tripes.

C'était le premier jour de nouveau.
Son ventre vide, le bébé hors de la protection qu'elle lui offrait.

C'était le premier mois, et Jade n'arrivait pas à regarder le bébé. Elle était fatiguée. Elle était une mère minable, elle ne prenait absolument aucun plaisir à jouer avec lui, elle n'avait qu'une envie : prendre ses jambes à son cou et partir loin de lui.
Mais les yeux jaune pâle la regardaient avec curiosité et les petites lèvres se formaient en un sourire clairement destiné à Maman. Puis, quand Jade ne réagit pas, les lèvres formèrent un parfait o comme pour la faire rire.
Et ce bébé, ce petit être qu'elle avait voulu, elle ne pouvait pas en prendre soin, elle en était incapable.

C'était le quatrième mois, et Jade était guérie de la dépression post-partum. Elle rentrait à la maison et elle n'avait qu'une hâte : prendre ses enfants dans ses bras.
Emerald lui fit un énorme câlin, et des bisous, demandant sans cesse "Elle est partie la méchante malédiction ?".
Mais Lemony ne réagit pas à son arrivée. Il resta à babiller dans les bras d'Onyx, et lorsque celui-ci posa le bébé entre Jade et lui-même, Lemony se raidit. La regarda. Se détourna.
Comme s'il avait peur d'elle. Peur qu'elle ne l'aime plus.
Peur qu'elle ne l'aime pas pour toujours, qu'elle s'en aille de nouveau.
Et Jade était entièrement responsable de ce fiasco.
Toustes les médecins et infirmières et psychologues lui avaient expliqué le contraire, mais la mère fondit en sanglot, enfouit son nez dans le cou de son enfant et lui promit qu'elle ne partira plus jamais, l'embrassant en murmurant Maman est là, mon amour. Mon amour, c'est Maman, et je suis de retour. Je serai toujours là.


Jade embrassait l'adolescent avec la même force et les mêmes convictions.
Parce qu'elle n'était pas restée suffisamment proche pour deviner jusqu'où s'étendait l'anxiété de son enfant concernant quelque chose qui lui paraissait, à elle, dérisoire.
Parce qu'elle l'avait laissé partir à Poudlard et qu'il avait eu le temps d'imaginer plus de choses encore.

Elle aurait voulu le serrer plus fort encore.
Elle aurait voulu qu'il soit de nouveau à l'abri à l'intérieur de son ventre.
— Jamais aucun contrat n'aurait été prévu sans que tu ne soit au courant, jura-t-elle. Quelle que soit la raison, les Parlambre ne pratiquent pas les mariages forcés, Lemony. Que deux adultes s'accordent sur un mariage arrangé, oui. Jamais concernant un mineur, jamais avec la pression de l'entourage.
Certes, cela datait du jour où Jade et Onyx avaient pris la tête de la famille. Quel besoin de le préciser maintenant ?

Pire que tout, la torture... les thérapies de conversion moldues... l'idée qu'Onyx expérimente sur Lemony ?
* Voici où mènent nos règles de non-interaction. Aurum était terrorisé lorsqu'il m'a parlé pour la première fois... et malgré tout, il reste sur le qui-vive. Lemony ne sait pas grand chose d'Onyx. Juste que j'ai une confiance aveugle en mon frère. *

Utiliser les enfants comme sujets-tests ? Jamais.
De rares fois, ils avaient été donnés des potions qui n'étaient pas sur le marché. Des potions qu'Onyx n'avait pas envie de partager, mais qui auraient pu avoir les autorisations. Jamais en-dessous.
— Je sais. Mais je dois tenir mon rang.

C'était la sixième semaine et Lemony n'avait plus rien du bébé à la tête un peu déformée par la naissance qui pleurait. Il agitait les mains et les pieds. Et Jade avait manqué toutes les étapes de son développement.
Elle avait des pensées affreuses. Et elle ne supportait plus de vivre avec.


Jade était en apnée, elle étouffait, elle ne parvenait pas à respirer.
C'était la sixième semaine de nouveau.
C'était encore et toujours le cycle du post-partum.
Et treize ans plus tard, la culpabilité changeait de sujet mais jamais d'intensité.
* Je l'ai détruit. Qu'ai-je fait ? Qu'avons-nous fait, Onyx ? Des fêtes, des Galas, des affrontements compétitifs que nous croyions maîtriser, mais qui n'ont fait que nourrir notre orgueil.
Autrefois nos querelles auraient pu détruire l'Angleterre. Aujourd'hui, elles ont détruit nos enfants. La présence trophée de Quartz a tes côtés... tu lui voles sont enfance. Les Galas si chers à Lemony, si parfaitement chorégrapiés et connus que c'est un miracle qu'il ait tissé un lien d'amitié réel. *


Ne pas sangloter.
Mais comment ? Elle avait échoué en tant que mère. Son enfant la redoutait encore. Il se tenait en état d'alerte dès qu'elle revenait du Domaine ou évoquait les Parlambre. Il se raidissait lorsqu'il se trompait durant ses leçons.
Il avait confiance en elle au moins autant qu'il craignait de perdre son amour.

Laisse le respirer, Jade.
* Aisé pour toi ! *
De toutes façons, il ne l'entendrait pas.

— Lemony Parlambre, le Domaine est déjà tien. Tu es un Parlambre, et il n'existe aucune condition qui puisse t'arracher à notre famille. Notre famille ne renie pas, elle n'enterre pas, elle assume.
Son garçon eut l'air entièrement confus.
Il n'avait pas encore eu ces leçons. C'était au programme estival entre la troisième et la quatrième année.
— Mais outre ces considérations de rang, Déesses, Lemony ! Tomber amoureux n'est pas une déchéance. Et je n'ai jamais souhaité... je n'ai jamais souhaité que tu sois autre chose que toi-même. Toi, Emerald...
Le regard de Jade tomba sur sa filleule.

Evidemment. Lemony avait toujours une façon bien à lui d'expliquer les choses, prenant exemple sur les situations personnelles pour les amener à autrui. Visant les failles avec une précision spécifique et acérée qui lui attirait parfois des ennuis.

Jade garda les yeux rivés sur Tefnout, parce que pour une fois, elle pouvait réparer certains dégâts causés, et surtout anticiper des peurs.
— Toi, Emerald, Tefnout, énuméra-t-elle, j'ai toujours su ce à quoi je m'engageais. Une plongée dans l'inconnu. Regarde Ostara, Lemony. Que savais-tu d'elle lorsque tu l'as parrainée ? Que savais-tu de son caractère ? Tu l'as découvert au fil des heures passées avec elle. Ses qualités, ses jeux préférés, ce qu'elle savait faire, son humour... le son de son rire... ses défauts, ses soucis, ces petites choses qui t'agacent. Les changerais-tu si tu le pouvais ?
Tefnout savait bien que les chats ronronnaient plus qu'ils ne riaient. Du ruisseau, la lueur se fit plus vive, et son rire résonna. C'était un rire forcé, pour faire plaisir à Jade, qui lui sourit tendrement.
Le son du rire d'un être aimé.

La lanterne se mit à chatoyer, passant par les couleurs de l'arc-en-ciel en douceur.
— Oui, murmura Jade. Oui, ta magie aussi. Ton impulsivité, ton goût pour les histoires, ta façon de communiquer, ton assertivité. Tout, Tefnout.
Les contours du Pitiponk se firent plus vifs dans l'ombre des roseaux. Le deuxième bras, une forme vaporeuse aux courbes changeantes, presque tangibles soudain.
La lanterne prit une couleur déterminante, une couleur que l'éleveuse n'avait encore jamais vue, parce que d'ordinaire, les émotions étaient reflétés par des tons spécifiques. Cette fois, Tefnout exerçait un effort manifeste pour maintenir une lumière de jade.

L'exacte couleur des yeux de la jeune femme. L'exacte couleur de la pierre qu'elle portait régulièrement en collier ou bracelet, mêlée en général à l'ambre familial.
La réponse était très claire.
Tefnout la revendiquait comme son éleveuse. Jade avait dit que le choix de continuer leur lien ne dépendait pas uniquement d'elle-même. Tefnout avait accepté.
A présent, c'était une revendication. Et, peut-être aussi, l'acceptation que Jade n'était pas parfaite mais que Tefnout n'était pas intéressée par une Jade qui viendrait à heures fixes.

***

Aller au refuge était probablement le plus sage à présent, mais la mère rechignait. Elle n'avait que très, très peu l'occasion d'aborder enfin tout ce qu'avait traversé son enfant l'année précédente, tout ce qu'il tentait de renier depuis ses dix ans.

Lemony se balançait d'une hanche sur l'autre, ne sachant pas où poser son poids. Il tergiversait, comprit Jade. Il voulait lui répondre, mais il n'y parvenait pas.
Ainsi qu'elle venait de le dire, c'était de sa faute pour n'avoir pas arrêté Elijah aux premiers signes de mépris.
Elle resta donc en suspend, respirant à peine, laissant à l'adolescent tout le temps dont il avait besoin.

Tefnout était à côté d'elle, et à en juger par l'oscillation de sa densité et la couleur relativement stable de la lanterne, elle était en pleine observation.
En l'occurrence, du specimen à peu près humain et de l'interaction entre l'adulte et son petit.
Elle suivait les mouvements de hanche, les respirations, avec grand intérêt. Une lueur amusée fit étinceler les yeux de jade. Les sorciers ne détenaient pas le monopole de l'intelligence, ni de la conscience des différentes cultures entre les espèces. Tefnout avait un intérêt pour, a priori donc, l'anthropologie. Etait-ce un trait de la petite, ou des Pitiponks ?

Les livres décrivaient que ceux-ci ne fuyaient pas les sorciers. Ils les attiraient vers des marais, et il fallait les brûler, soit les blesser sévèrement, pour se débarrasser d'eux. Les Pitiponks ne fuyaient absolument pas les sorciers.
A priori, ils les trouvaient intéressants.
Voilà qui expliquait bien mieux leur habitude de les mener vers les marais qu'ils habitaient que les vagues raisons et les "ce sont des créatures simples, mais cruelles. C'est juste ce qu'elles font."
L'idée que des Pitiponks puissent tenter de domestiquer les sorciers pour en faire des créatures de compagnie était... quelque chose.
Si Jade n'avait craint d'effaroucher Lemony, elle l'aurait noté dans son carnet.

Le silence s'étira jusqu'à ce qu'advienne une longue réponse.
Hachée.
Inespérée.
Son enfant avait parcouru tant de chemin !
La fierté gonfla son coeur, et elle aurait voulu le serrer contre elle, mais Lemony l'arrêta en secouant très légèrement la tête, une expression de douleur sur le visage.
Et Jade souhaite détruire le monde des Sangs-Purs, et même des sorciers, voire des humains qui ont construits ces préjugés où son enfant doit se dissimuler.

Et que peut répondre une mère à cette douleur d'être, sitôt rencontré, déjà placé dans une case dont personne ne le laissera sortir ?
Les mots en anglais lui échappaient, soudain, mais elle savait très bien ce qu'expliquait son enfant.

* Si Lemony enlève ses masques, il est vu comme terriblement maniéré, très efféminé, homosexuel peut-être mais surtout, une folle. *

Sauf que Lemony n'était même pas certain que ses préférences romantiques et sa façon d'être un garçon, sa vision du monde, soient liés.
Jade, plus sûre non plus elle-même, se fustigea d'être si aisément tombée dans les clichés.
Cela n'aide pas. Il ne t'en veux même pas. Il veut juste que tu acceptes ses conditions.
— Fous-lui la paix, Onyx, tu n'as absolument pas aidé, alors que si ç'avait été à propos d'Aurum ou de Quartz, la moitié de l'aile sud-est serait tombée, marmonna Jade entre ses dents.

Lemony lui adressa un regard sibyllin.
L'ouïe fine. Qu'avait-t-il entendu ? Jade était bien trop habituée à répondre à la voix d'Onyx.
Pourtant, comme toujours, Lemony ne posa aucune question sur les particularités de sa mère.

En revanche il frissonna, Ostara aussi, et Jade apprécia grandement de pouvoir, en effet, regagner le Refuge.

Elle apprécia beaucoup moins les questions du trajet.
Lemony voulait savoir pourquoi elle avait quitté le Domaine aussi tôt.
Il voulait rentrer à Yule.
Il voulait des nouvelles d'Elijah, malgré tout.

Un goût amer passa dans la bouche de la femme.
Le goût du passé. Le goût de l'espoir malgré la maltraitance. Le goût de l'amour pour un adulte dangereux qui n'a rien d'un parent convenable.

Cela aiderait-t-il Lemony à ne rien attendre d'Elijah si elle lui dit qu'il n'est, biologiquement, pas son père, et que légalement, ce qu'il a fait peut lui valoir la déchéance parentale, ce qui coupe tout lien et obligation ?
* Déesses. Non. *
Même y penser restait tabou. D'ordinaire, ce n'étaient pas des mots qui se formaient concrètement, juste des images en arrière plan.
* Et pourtant... Le tabou finira par se lever. Tous les secrets de famille finissent par éclater. *
Jade serra les dents. Ces pensées rapprochaient factuellement la levée du tabou.
* Elijah reste son père, et je ne peux lui refuser des nouvelles. Je n'en ai pas le droit. Mais, Morgane... Elijah est plus proche de renier son fils en crachant qu'il a honte d'avoir pu l'engendrer, que Lemony de le laisser partir. S'il y a une prière que je vous adresse, Déesses... C'est que mes soucis avec Elijah aient cessé, dusse la vérité être révélée au Domaine. *
Emerald a clairement laissé entendre qu'elle savait.
Mais plutôt que de s'attarder sur la tentative de chantage de sa fille, Jade préfèra répondre à son cadet :

— Enfant d'Ambre... Je ne sais plus où j'en suis.

Ce n'était absolument pas ce qui devait sortir de ses lèvres, mais ces temps ci, Lemony obtient d'elle qu'elle admette à voix haute des choses qu'elle refuse de même penser.
— Tefnout, tiens bien ma main, d'accord ? On est presque arrivées. Si tu as froid, je peux te porter.

Jade essaya de répondre.
Elle revit son époux dans le jardin d'hiver, ses hanches fines, son pull de cashmere bleu, son pantalon ocre épais, ses cheveux bruns indisciplinés et sa façon si particulière de lire ses livres favoris debout, un sourire au lèvre.
Le désir l'avait prise au coeur, et l'amour également. Elijah semblait à sa place, dans le jardin d'hiver, à sa place comme au premier jour. Il s'était adapté si aisément au Domaine, aux Parlambre.
Et Jade avait été si amoureuse. Il lui manquait, son humour sec, ses yeux chauds pétillants, son assurance, la façon dont il ne la rabaissait jamais, le respect pour elle qui n'atteignait jamais l'admiration pure.
Il avait vieilli avec elle. Ses cheveux avaient foncé, il portait une barbe, les muscles de ses épaules s'étaient développés mais il s'était aussi affiné. Il avait profité des enseignements dispensés au Domaine, notamment en voltige.
C'était la première fois depuis des mois que Jade voyait Elijah sans que ne se superpose un homme violent qui envoyait valser un enfant contre les meubles.
Elle avait eu de l'espoir, énormément d'espoir. La possibilité de pardonner, premièrement.

— Elijah ?
Le livre qui claque en se refermant ; la main agile qui le rattrape. Un quotidien si habituel et confortable.
Et pourtant, l'homme s'était raidi. Il y avait de quoi ; son épouse était dangereuse, son beau-frère s'arrangeait pour ne jamais croiser son chemin depuis des mois.
— Temps de discuter ? devina-t-il.
C'aurait été si simple de se glisser de nouveau dans ses bras et d'oublier le reste du monde.
— Plus que temps.
Le dialogue reprenait si efficacement. Des échanges faciles, courts, efficaces. Comment allait-elle ? Le Domaine, les affaires ? Avait-elle vu les dossiers transmis ? Comment était-ce de retourner à Poudlard une fois adulte ?
Jade s'était enfoncée dans ce confort. Elijah l'écoutait–


— YiiirP !
Le soudain cri arracha Jade au jardin d'Hiver. Lemony était déjà à genoux devant Tefnout, les couvrant de boue mais n'en faisant aucun cas.
Jade se rendit compte que sa main brûlait. Elle était couverte d'une chose froide, rougie, qui ressemblait à de la glace et une engelûre...
— Tefnout !
La petite ne l'aurait jamais blessée volontairement. Jade avait serré ses poings trop fort, trop emportée dans le passé.
Elle avait blessé sa protégée.
— Je suis désolée. Je suis désolée. Oh, Tefnout.
Mais malgré le cri de douleur, le Pitiponk était extrêmement visible. La lanterne s'agitait sans colère devant les yeux de Jade, y cherchant une explication. Les longs doigts se refermèrent sur le poignet, encore glacés mais terriblement inquiets.
Ostara renifla la main de la jeune femme, hésita à la lécher, mais Jade l'en empêcha gentiment. La blessure pouvait comporter des toxines.
Son autre main fut prise par celles de Lemony, si petites encore, semblant brûlantes, et ses yeux si brillants, avec toute leur sollicitude, soutirent les iris de jade.
— Maman ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Elle n'avait guère l'occasion de voir ainsi les yeux de l'adolescent. Il les détournait si souvent. Mais il refusait de lâcher, cette fois. Et son visage s'était durci, ombragé, trop ombragé pour son âge.
Jade aurait voulu fermer les yeux, mais ç'aurait rompre un contact rare.
— Il ne m'a pas violentée, Lemony, dit-elle franchement, quoi qu'avec douceur, et les épaules du garçon se relaxèrent aussitôt mais ce n'était pas suffisant. Mais oui, le souci est bien Elijah. Je ne suis pas certaine de pouvoir nous ramener au Domaine pour Yule.
L'enfant déglutit mais encaissa mieux qu'elle ne s'y attendait. Il était préparé. Les larmes firent aussitôt scintiller les prunelles semblable à un verre de luxe, sans couleur, et les yeux restèrent ancrés sur son visage. Lemony ne bougerait pas; Tefnout s'agitait, ne sachant quoi faire pour rassurer sa marraine et Ostara... regardait Jade, plutôt que son éleveur. Ce n'était pas bon signe.

* MAIS BON SANG, LEMONY ! COMPRENDS ! COMPRENDS QU'IL N'A PAS BESOIN DE ME TOUCHER POUR ME BLESSER. C'EST A TOI QU'IL S'EN PREND ! C'EST POUR TOI QU'IL EST UNE MENACE ! *
Mouvement de recul de la part de l'adolescent, mais sans lâcher la main de sa mère. Ne s'attardant pas sur l'expression de rage telle que son visage se transformait. Sans pouvoir percevoir ses pensées, il devinait que la colère reprenait le dessus.

Seulement, il y avait une petite fille à leurs côtés, qui n'avait pas à savoir exactement comment les humains peuvent être cruels entre eux, qui avait besoin de croire que les parents, ou les éleveurs, sont toujours là.
Rompant le contact occulaire pour glisser vers Tefnout, Jade vit que la petite tremblait, mais ne pouvait empêcher la lanterne de passer au gris du chagrin mêlé au bleu.
Lemony décoda aisément.
— Prête, petite Tefnout ?
Les poils d'Ostara se hérissèrent de jalousie et le garçon leva discrètement les yeux au ciel.

Encore un détail sur lequel s'attarda Jade.
Lever les yeux au ciel était... une expression. Quelque chose utilisé dans les livres pour marquer l'exaspération, faire rire les foules, se moquer. La plupart des ados ne levaient pas les yeux au ciel ; ils avaient bien appris, enfant, que c'était le comble de l'insolence.

Mais Tefnout était tournée vers elle, n'osant espérer, et Jade avait un bon contrôle, d'ordinaire, sur ses émotions.
Elle ne refoula pas sa colère ; à la place elle laissa l'amour qu'elle éprouvait pour Tefnout l'envahir. La tristesse qu'elle ne dissimula pas, de l'avoir blessée, la crainte de la perdre.
Le bonheur, malgré tout, d'être là, avec son enfant, avec leurs deux créatures qui s'apprivoisaient.
La nuit magique où Lemony avait rencontré sa protégée et où les lumières avaient dansé.

Tefnout et Ostara n'étaient pas du même habitat ; il fera trop chaud dans les plaines pour le Pitiponk, et trop humide dans l'habitat aquatique, même pour un chaton aimant se mouiller les pattes. Le parc était l'endroit où elles pourraient bien s'entendre.
— Qu'est-ce que tu as pensé de la balade ? A refaire ?
Tefnout sautilla, perturbée, puis leva la lanterne vers Lemony, et ensuite Ostara, en guise de question ? Jade acquiesça.
La lanterne vira au rose enthousiaste tandis que la petite sautillait sur son pied ; Jade anticipa la chute. Parce qu'elle connaissait sa filleule. Parce qu'elles avaient passé du temps ensemble malgré tout. Parce que le pied était désormais trop froid, et que Tefnout fatiguait.
Elle entoura la cheville de ses mains et prit la main qui ne tenait pas la lanterne entre deux doigts.
— Tant qu'à parler à un Magizoologue... Souhaites-tu un nouvel enclos ? Je sais que tu ne t'entends pas avec tes voisins, Tefnout... je sais aussi qu'ils se moquent de toi. J'ai regardé ; il y a d'autres emplacement libres, avec des créatures d'à peu près ta taille et ton âge, qui n'ont aucune malice. Les veaudelunes notamment.
La surprise fit blanchir la lanterne et aveugla temporairement Jade mais qu'importe. Tefnout eut un des bruits d'approbation ou de contentement, qui ressemblait plus à un ronronnement qu'à un grondement, le tout sur une fréquence aiguë.

Jade inspira profondément, détacha les cheveux qu'elle avait mis trop longtemps à peigner et pénétra enfin dans le Refuge, sa filleule presque blottie contre elle, son enfant et sa créature juste derrière elle.

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Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."

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